Le Memo du 6 mai 2026

3 min de lecture

Intelligence artificielle, cybersécurité et cobalt. Plusieurs acteurs cherchent à renforcer leur position dans des secteurs devenus centraux pour l’économie numérique et industrielle.

Monde | Technologie • Intelligence Artificielle

Apple accepte de payer 250 millions de dollars après des annonces contestées sur Siri

Réplique d'une bannière d'événement Apple
Réplique d'une bannière d'événement AppleFigma/Matt Walker

Ce qui s'est passé

Apple a accepté de payer 250 millions de dollars dans le cadre d’un recours collectif déposé aux États-Unis autour de la commercialisation de plusieurs fonctions Apple Intelligence liées à Siri, selon The Verge.

La plainte avait été déposée après la présentation des nouvelles fonctions IA d’Apple lors de la WWDC 2024 et du lancement de l’iPhone 16. Les plaignants estiment qu’Apple a laissé entendre que certaines fonctions seraient disponibles dès la sortie des appareils, alors qu’une partie importante des capacités annoncées restait indisponible ou retardée.

Le recours vise notamment les nouvelles capacités de Siri présentées par Apple : interaction entre applications, compréhension du contexte personnel de l’utilisateur et réponses plus personnalisées. Selon les plaignants, ces annonces ont influencé l’achat d’iPhone 16 et d’iPhone 15 Pro compatibles avec Apple Intelligence.

Apple conteste les accusations mais a accepté le règlement proposé dans le cadre de la procédure, selon Reuters.

Pourquoi c'est important

L’affaire illustre la pression croissante autour des annonces liées à l’intelligence artificielle. Depuis 2023, plusieurs groupes technologiques présentent des fonctions IA avant leur disponibilité complète, alors que ces outils deviennent un argument commercial central.

Le dossier montre aussi que les annonces de produits technologiques peuvent entraîner des recours juridiques lorsque les fonctions promises ne correspondent pas au calendrier ou aux capacités effectivement disponibles.

Sources :
  • The Verge
  • Reuters
Afrique | Technologie • Intelligence Artificielle

Proton Mail adapte ses protections aux risques des ordinateurs quantiques

Cryptographie post-quantique (PQC)
Cryptographie post-quantique (PQC)Proton

Ce qui s'est passé

Proton, l’entreprise suisse connue pour ses services de messagerie sécurisée, a annoncé l’intégration d’un chiffrement “post-quantique” dans Proton Mail. Cette technologie vise à anticiper l’arrivée future d’ordinateurs quantiques capables, à terme, de compromettre certains systèmes cryptographiques utilisés aujourd’hui. Selon Proton, cette protection est désormais disponible en option, y compris pour les comptes gratuits.

Pourquoi c'est important

Le chiffrement rend les communications illisibles pour les acteurs qui les interceptent sans autorisation : emails diplomatiques, transactions bancaires, documents d’entreprises ou données administratives. Pour les gouvernements, entreprises et citoyens africains, la protection des échanges numériques devient un enjeu croissant à mesure que les services publics, financiers et commerciaux se numérisent.

Les ordinateurs quantiques capables de compromettre les systèmes actuels n’existent pas encore à grande échelle. Mais plusieurs entreprises technologiques anticipent déjà le risque du “harvest now, decrypt later” : des données interceptées aujourd’hui pourraient être déchiffrées plus tard si les capacités de calcul quantique progressent fortement. Apple, Signal et Proton commencent ainsi à adapter certains de leurs systèmes avant que cette transition ne devienne nécessaire à grande échelle.

Sources :
  • Proton
RDC | Économie • Mines

La RDC impose des quotas sur le cobalt et modifie l’équilibre du marché mondial

Exploration des ressources naturelles
Exploration des ressources naturellesDanil Rudenko

Ce qui s'est passé

La RDC, qui représente plus de 70 % de l’offre mondiale de cobalt extrait, a instauré un système de quotas d’exportation après plusieurs mois de gel des exportations de cobalt. L’objectif affiché par Kinshasa est de limiter la surproduction, stabiliser les prix et renforcer son contrôle sur un minerai central pour l’industrie mondiale des batteries.

Les grands groupes miniers opérant dans le pays adaptent désormais leurs stratégies. Glencore a réduit sa production de cobalt de 39 % au premier trimestre 2026 et privilégie davantage le cuivre afin d’éviter de produire des volumes qu’il ne peut pas exporter sous son quota actuel. CMOC maintient au contraire une production élevée et stocke une partie du cobalt produit en attendant de futurs débouchés d’exportation.

Selon les données citées par Semafor, le prix du cobalt, tombé autour de 22 000 dollars la tonne en 2025 après une longue période de surproduction, est remonté autour de 57 000 dollars la tonne après l’introduction du nouveau dispositif.

Pourquoi c'est important

La RDC cherche à accroître son influence sur le marché mondial du cobalt, dont les prix restent largement déterminés sur les marchés internationaux malgré le poids du pays dans la production mondiale.

Les autorités congolaises présentent ce système comme un moyen d’augmenter la valeur des exportations, soutenir les projets de raffinage et de transformation locale, et mieux encadrer les flux issus du secteur minier artisanal.

Le dispositif favorise cependant les groupes capables de stocker leur production ou d’absorber des périodes de restriction. Plusieurs analystes estiment aussi que des circuits informels pourraient continuer à contourner une partie du système.